Clés pour un enseignement efficace : pourquoi et comment utiliser l’enseignement explicite ?

L’enseignement explicite ou efficace n’est pas une énième pédagogie issue de “pédagogues en chambre” comme disent certains, ni une nouvelle pédagogie à la mode. Il s’agit, par contre, de pratiques pédagogiques issues du terrain étudiées depuis les années 1970 et synthétisées par des chercheurs comme John Hattie, Steve Bissonnette, Clermont Gauthier, …

Ces pratiques ont été étudiées dans le monde entier pour leur efficacité en terme de réussite scolaire notamment pour certains publics plus fragilisés scolairement.  L’enseignement explicite fait partie des pratiques pédagogiques à haut rendement.

L’enseignement explicite concerne autant la gestion des apprentissages, que la gestion de la classe ou encore la gestion du curriculum.

La suite de l’article ne peut raisonnablement aborder tous les aspects de l’enseignement explicite. Seuls certains points d’attention seront donc abordés ici. Pour le reste, se référer aux ressources. 

1.L’enseignement explicite : Kesako ?

2. Liste des facteurs pour la réussite scolaire, classement de Hattie : 

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3. Annoncer ses attendus d’apprentissage :

Il est nécessaire de préciser à l’élève ce qu’on attend de lui, ce qu’il va apprendre dans le chapitre, la séquence, l’exercice, … Pour cela, il est important de choisir le verbe d’action ou opérateur précis et adéquat par rapport à la tâche demandée à l’élève.  A cette fin, les taxonomies de Bloom ou de Discas peuvent nous aider.

A la fin du chapitre, tu seras capable …-Citer …-Énoncer …

-Illustrer …

-Résoudre …

-Comparer deux documents …

-Réaliser/compléter/ …

4.Une consigne explicite :

1.Indiquer ce qu’on attend de l’élève en terme de production ;

comparaison, ligne du temps, texte, carte de synthèse, croquis …

2.Utiliser des verbes d’actions précis/évaluables ;

 colorie-entoure-cite-nomme vs identifie-explique

3. Préciser le contenu à apprendre (concept, opération, etc.)

Evolution d’un régime/de la production, comparer deux époques,  contextualiser, …

4. Indiquer quand le résultat sera atteint (timing) :

tu as 30 min, pour le …, 5 éléments sont nommés, cite 4 éléments de comparaison, …

5. Préciser, au besoin, les conditions de réalisation (matériel, documents, …) :

manuel, dossier documentaire, encyclopédie, article sur Belgica, …

En bref, la consigne doit être simple et concise avec un vocabulaire adapté. En règle générale, il faut éviter les consignes multiples et complexes (consignes “à tiroirs”).

Après le passage de la consigne, l’enseignant doit s’assurer qu’elle a été comprise par tous les élèves en aménageant un temps de reformulation. La parole est donnée nominativement à un ou plusieurs élèves pour réexpliquer la tâche à accomplir avec leurs mots. Pour s’assurer complètement de la bonne compréhension de la tâche un exemple est réalisé collectivement (modelage). 

GAUTHIER C., BISSONNETTE S., RICHARD M., L’enseignement explicite et réussite des élèves, la gestion des apprentissages, De Boeck, 2013, p.105

5.Un exemple d’interaction efficace : le modelage, la pratique guidée et la pratique autonome

6. Des ressources :